LE FINANCEMENT DU PROJET
Votre projet étant validé, l’évaluation de vos besoins et ressources étant effectuée, il est maintenant nécessaire de traduire en termes financiers tous les éléments que vous avez réunis au cours des étapes précédentes, et en faire la synthèse, ce qui va permettre de démarcher les investisseurs.
Vous devrez projeter ces éléments financiers sur une période suffisamment longue pour permettre une lecture pertinente et vérifier la viabilité de votre entreprise.
- Les besoins durables
- Les ressources durables
- Le contenu du business plan
- Le compte de résultat prévisionnel
- Le bilan de départ : actif et passif
- Le plan de financement à 3 ans
- Le plan de trésorerie
- Le point mort et seuil de rentabilité
- Envisager l’aide d’un expert comptable
- Utiliser son épargne personnelle et familiale
- Demander à son entourage
- Démarcher son banquier
- Contacter un fonds de soutien
- Faire des demandes de subventions
- Garder un pied dans son job en créant son entreprise
- Choisir le portage salarial
- Continuer à toucher le chômage ou le RMI
- Cumuler retraite et création d’entreprise
1 Le plan de financement initial
2 Établissez votre business plan
4 Les possibilités de transition en douceur
1 Le plan de financement initial
Ce sont les investissements et les frais à prévoir et à faire figurer dans le plan de financement de l’entreprise. Ils comprennent :
Les besoins durables
- Les frais d’établissement:
Vos premiers frais arriveront dès le lancement concret des votre projet. Honoraires de conseil juridique, de fiscalité, de conseil en brevet, les frais d’enregistrement, de constitution de l’entreprise, les frais d’installation, de déplacement, éventuellement les frais de première publicité.
On les appelle également immobilisations corporelles (concernent les achats concrets, ), et incorporelles (dépenses de service, dépôts cautionnements, coût de fonctionnement quotidien de l’entreprise).
- Les investissements HT :
Achat ou construction d’un local, frais d’installation, acquisition de machines, de matériel, de véhicules, d’ordinateurs, de droit au bail ou pas de porte, etc.
- Les besoins en fonds de roulement (BFR):
Il s’agit d’une somme d’argent que vous utilisez en permanence, par exemple pour l’achat et la détention du stock nécessaire au fonctionnement de votre entreprise, ou pour pouvoir accorder des délais de paiement à vos clients.
- Les dépôts et cautionnements à verser
(garantie de loyer…)
Le calcul de l’amortissement :
Pour présenter une image comptable fidèle de l’entreprise, on comptabilise, en tant que charges d’amortissement, la dépréciation et l’usure que peuvent subir certains éléments d’actifs du bilan. Il faut prendre en compte fiscalement cette dépréciation, et la déduire du prix initial de l’élément en question à la fin de chaque année, pour qu’il apparaisse à sa juste valeur dans le bilan. Ce processus d’opérations se répète à chaque fin d’année, jusqu’à l’amortissement total du bien désigné à la fin d’un certain nombre d’années. A ce moment, l’entreprise accumule un total d’amortissement égal au prix du bien, qui lui permet de le remplacer.
Le calcul des besoins en fonds de roulement:
Le BFR, besoins en fonds de roulement, est une masse d’argent à mobiliser dans l’entreprise qui servira à son fonctionnement durant tout le cycle de production, et que l’entreprise récupère lorsque les premières factures émises sont honorées, ou lors des délais accordés par les fournisseurs (crédit fournisseur), ou encore lorsque l’activité accorde des délais de règlementent au client, ce qui constitue une créance client.
Il est important de prévoir ces ressources pour couvrir le BFR, car elles sont nécessaires au démarrage de l’entreprise, et considérées comme un investissement. Elles seront à couvrir par des capitaux permanents dans une majorité des cas (fonds propres, subventions, dettes à moyen et long terme).
La croissance de l’entreprise entraine une augmentation du volume de ce BFR, cela explique les difficultés de trésorerie qu’elles peuvent rencontrer si leur propre rentabilité ne permet pas de faire face au surcroit de financement nécessaire. Il est donc très important de surveiller son évolution avec précision. En le traduisant en nombre de jours de chiffre d’affaires, il est facile d’anticiper des problèmes de trésorerie au cas où le chiffre d’affaires de l’entreprise augmenterait brutalement.
Au fur et à mesure que l’entreprise se déploiera et que les banques prendront confiance dans sa pérennité, elles accepteront de financer partiellement le BFR par des crédits à court terme adaptés et des garanties type Dailly.
Les ressources durables
(capitaux propres et aides ou emprunts)
Les ressources financières durables sont l’augmentation du capital, qui n’est à indiquer qu’en cas d’augmentation en numéraire prévue du capital. C’est par exemple une arrivée d’argent frais devant permettre de faire face à des besoins durables nouveaux.
Les ressources financières durables peuvent provenir:
-du capital social ou apport personnel ,
-des comptes courants d’associés (s’il y a lieu),
-des aides, des subventions à la personne ou des primes d’équipement, financées par l’état (dispositif nacre), par des collectivités locales ou par des fondations,
-des emprunts à moyen ou long terme.
Ces prévisions financières vous serviront de support pour établir votre bilan de départ.

Source: APCE
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2 Etablissez votre business plan
Un business plan, ou plan d’entreprise, ou encore plan d’affaires, est un résumé de la stratégie d’entreprise, outil de base pour chercher des financements, approfondir un projet tout au long de sa conception, juger de sa faisabilité, et suivre son évolution.
Il vous servira en usage interne pour manager et planifier, mais surtout pour communiquer à l’extérieur, vous permettant de démarcher les banques pour obtenir des prêts, négocier des facilités de caisse, une possibilité d’escompte, et trouver des fournisseurs.
le contenu du business plan
Ce document, comportant entre 10 et 20 pages, doit définir la stratégie commerciale et financière de votre entreprise. Il doit être concis, concret, cohérent et hiérarchisé.
Vous synthétiserez les études réalisées précédemment durant la phase de validation de votre projet, en adaptant des sections particulières pour l’adapter à tout type de lecteur. Le business plan constitue un carnet de route pour le créateur d’entreprise, concernant les actions à entreprendre et les moyens à mettre en œuvre pour les réaliser, sur une période de trois à cinq ans.
Les différentes parties sont généralement structurées de la façon suivante:
1. Résumé du plan d’affaire : points clef
2. Genèse et contexte du projet: ce qui a été réalisé ? Où se situe t’on ?
3. Équipe et encadrement: Qui fait quoi ?
4. Analyse du marché : France, Europe, Monde.
5. Produit et services proposés : tarif de votre produit ou service, et celui des concurrents
6. Plan marketing et stratégie commerciale
7. Moyens et organisation
8. Tableaux financiers prévisionnels (compte de résultat, plan et bilan de financement avec projections découpées par années, ou par trimestres et notes explicatives)
9. proposer photos, illustrations, cartes ou maquette du site si cela concerne un site internet.
Erreurs à ne pas commettre :
Surestimer le marché ou la part de marché prise par votre entreprise.
Sous-estimer la réaction de la concurrence, ni le temps de mise au point de votre produit, service ou concept.
Ne faire qu’un seul scénario, souvent trop optimiste.
Un point sur le plan marketing :
Le plan marketing est un découpage dans le temps de la stratégie marketing d’une entreprise (partie importante de la politique générale de celle ci).
C’est un plan qui recense concrètement les actions opérationnelles prévues pour une période donnée, en décrivant les cibles de clientèle visée, les moyens à mettre en œuvre, les opérations à mener, les chiffres d’activité à atteindre, et les échéances correspondantes. Le plan comprend généralement 4 parties dissociables l’une de l’autre : le prix, la distribution, le produit et la promotion.
La partie marketing de votre business plan doit comporter
- une présentation de vous-même, de vos associés et de l’équipe constituée pour réaliser le projet
- Une synthèse de votre étude de marché
- Le statut de l’entreprise
Un point sur la Finance :
Cette partie doit contenir une projection du chiffre d’affaire sur trois ans, le seuil de rentabilité de l’entreprise, la capacité de financement, une prévision de l’impact du remboursement dans le comte de résultat et le bilan, et enfin le plan de trésorerie.
Le compte de résultat prévisionnel
Le compte de résultat va servir à établir les prévisions de chiffre d’affaire que va générer votre activité, et les confronter au marché, évaluer les besoins futurs liés à votre secteur d’activité, estimer les bénéfices qu’elle pourra dégager, déterminer le point mort et le seuil de rentabilité de l’entreprise, et donc vérifier le niveau de rentabilité de l’entreprise.
Le comte de résultat peut être établi sous forme de liste, ou de tableau.
(Si vous ignorez comment vous y prendre pour établir les comptes prévisionnels, une méthode très simple peut être utilisée. Elle consiste à rassembler, en vrac, les informations qui alimenteront les différents tableaux: plan de financement, compte de résultat prévisionnel, et tableau de trésorerie Les éléments à prendre dans le compte de résultat relèvent de l’exploitation, du fonctionnement au quotidien.)
Sous forme d’un tableau, la partie gauche (Débit) comprend les charges prévisibles d’exploitation, les amortissements pour les investissements achetés, les charges financières de financement externe (emprunts). La partie droite du tableau (Crédit) comprend le chiffre d’affaire de l’entreprise, et éventuellement les produits financiers ou exceptionnels (intérêts, subventions…).

Ne pas confondre chiffre d’affaire et compte de résultat : le chiffre d’affaires est le produit du prix par la quantité vendue, tandis que le résultat est la différence entre le montant des ventes et le montant des frais.
Le bilan de départ : actif et passif
Un bilan est la synthèse patrimoniale de ce que possède l’entreprise à un moment donné. Les sociétés de capitaux, principalement les SA et SARL ont l’obligation de publier les documents comptables tels que le bilan, le compte de résultat auprès du greffe du tribunal de commerce.
Ce que l’entreprise possède est l’actif ; les éléments de l’actif se présentent par ordre de liquidité croissante.
On distingue deux natures d’actifs : les actifs immobilisés, et les actifs circulant.
Les immobilisations peuvent être incorporelles (frais de recherche et développement, brevets ou marques, licences, logiciels, fonds commercial), corporelles (terrains, constructions et agencements, installations et matériels techniques, matériel de transport.), ou financières (participation dans d’autres entreprises ou prêts).
Les actifs circulant sont rapidement renouvelés et sont rapidement transformés en liquidités (stocks, créances, placements).
Ce que l’entreprise doit est le passif, qui est composé des fonds propres et des dettes; les éléments du passif se présentent par ordre d’exigibilité croissante.
Les capitaux (ou fonds) propres déterminent la valeur comptable de l’entreprise ; ils sont une ressource stable constituée des fonds apportées par les associés ou actionnaires, ainsi que par les profits générés par l’activité de l’entreprise.
On distingue les dettes financières (marché obligataire ou établissement de crédit) des dettes issues de l’exploitation de l’entreprise.
Le bilan doit toujours être équilibré : le total des comptes d’actif est toujours égal au total des comptes de passif.
Le plan de financement à 3 ans
Une structure financière bien construite est un gage de pérennité pour toute nouvelle entreprise.
Plus elle disposera de réserves financières stables, plus elle pourra face à des évènements imprévus.
Le plan de financement à 3 ans vous permet de prévoir l’évolution de la structure financière, et de vérifier si votre projet est viable sur du long terme. Il se présente de la même manière que le plan de financement initial projeté sur vos trois premières années d’activité.
Dans certains cas, concernant les gros projets, il est souhaitable d’établir un pan de financement à 5 ans, qui sera bâti sur le même modèle que le précédent.

Source: APCE
Le plan de trésorerie
La trésorerie étant un point crucial dans la gestion de l’entreprise, il est indispensable de l’anticiper et de la suivre en permanence.
Le plan de trésorerie, ou budget, a donc cet objectif, concernant la situation financière de l’entreprise à court terme, et de mettre en avant les périodes de difficultés.
Pour réaliser ce plan de trésorerie, appuyez vous sur votre compte de résultat prévisionnel, et sur le plan de financement.
Sous la forme d’un tableau présentant tous les décaissements et tous les encaissements prévus au cours de la première année, en les ventilant mois par mois. Vous devez tenir compte des délais de règlement dont sont assorties les opérations de vente de biens et de services, ou les achats de matières et de marchandises. Autrement dit, chaque entrée ou sortie de fonds doit être portée dans la colonne du mois où elle doit normalement se produire : par exemple, un achat effectué en juin et payable en septembre, doit être imputé dans la colonne des décaissements de septembre.(Vous devez tenir compte également de l’incidence de la TVA sur votre trésorerie.)

Source:APCE
C’est de cette manière que vous pourrez déterminer le solde de trésorerie du mois et un solde de trésorerie cumulé d’un mois sur l’autre, et donc de savoir si vous allez pouvoir payer l’ensemble de vos charges au moment ou vous le devez.
Si ce document prévisionnel devait faire ressortir un déséquilibre, il faudra revoir l’ensemble du financement de votre projet, pour trouver une solution avant le démarrage de l’entreprise.
Les crises de trésorerie n’ayant pas été prises en compte dan le plan sont l’une des premières causes de disparition d’entreprises nouvelles intervenant la première année.
Le point mort et seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité est le niveau d’activité (ou chiffre d’affaires) minimum à partir duquel l’entreprise devient rentable pour elle-même, en d’autres termes, lorsqu’elle ne réalise ni bénéfice, ni perte.
Le point mort est le niveau de chiffre d’affaires au delà duquel l’entreprise commence à réaliser des bénéfices : c’est le point d’intersection entre la courbe du chiffre d’affaires et la courbe des charges nécessaires pour produire ce chiffre d’affaires.
Généralement, ces deux appellations sont indifféremment employées.
Le seuil de rentabilité est atteint lorsqu’on arrive au point mort, c’est-à-dire lorsque le chiffre d’affaires et le montant des charges (fixes et variables) mobilisées par cette activité s’équilibrent.
Le seuil de rentabilité est exprimé en valeur financière mais peut aussi s’exprimer en nombre de jours de chiffre d’affaires ou en quantités produites. Il est possible de déterminer la date à partir de laquelle l’entreprise atteint son seuil de rentabilité : cette date représente le point mort.
Plusieurs méthodes de calcul sont possibles, selon l’interlocuteur ou le degré de précision attendu, mais le tableau suivant est généralement utilisé :

Source:APCE
Chiffre d’affaires (CA) : Total des ventes de biens et de services facturés par une entreprise sur un exercice comptable
Charges fixes (CF) : loyer, charges fixes, frais de personnel, de structure
Charges variables (CV) : varient proportionnellement au niveau d’activité de l’entreprise (par exemple les matières premières, la main d’œuvre)
Marge sur coûts variables (M/CV) : différence entre le chiffre d’affaire et les charges variables.

